Presse

« Blackout », le monodrame poignant de Philippe Manoury.

Mardi soir, la création a convaincu le public du carré, hélas peu nombreux.

Une femme, seule, dans un ascenseur, songe… Ses pensées errent entre le rêve et la réalité. La femme, c’est Hélène Moulin (mezzo-soprano) ; elle semble d’abord extérieure à tous les sentiments exprimés par le texte et la musique comme le personnage qu’elle incarne (retiré du reste du monde dans une cabine d’ascenseur). L’ascenseur s’immobilise en raison d’une coupure de courant. Arrêt brutal de tous les instrumentistes, une note longue de la chanteuse. Les souvenirs affluent, elle les vit, nous les fait partager comme ce morceau d’Ella Fitzgerald, diffusé à partir d’un CD qui restitue un vieil enregistrement dont on entend les craquements. Les dix-huit instrumentistes de l’ensemble Court-Circuit dirigés par Pierre-André Valade, ont joué avec finesse et profondeur une partition qui reflète ce qui se déroule dans la tête de cette femme. Deux pièces de musique de chambre l’encadraient, « Ultima » et « Gestes ». Enfin, « Passacaille pour Tokyo », une pièce brillante, dense, où le pianiste Jean-Marie Cottet à donné le meilleur de lui-même.

- Martine Coursimault (La République du centre – 01/ 04/04)


2007-2011 - Gilles Pouessel